Je ne mange pas les animaux

Bonjour vous,

Derrière ce titre bizarre, une décision prise il y a 10 mois maintenant, et lourde de sens pour moi. Je suis maintenant végétarienne. Et, en cette journée mondiale du végétarisme, j’avais particulièrement envie de vous en parler.

En décembre 2014, allez savoir pourquoi, juste avant les fêtes (et donc avant le foie gras et autres joyeusetés que J’ADORAIS), j’ai eu le steack de trop. En fait, j’ai eu la vache de trop. Pour la première fois, je réalisais avec quoi je m’alimentais. Non pas que j’ai été élevée dans un monde de barbapapas et de bisounours. Je savais bien entendu que derrière un nuggets se cachait une poule et que derrière mon burger saignant se cachait une vache ou un agneau. Mais tout à coup, j’ai pris conscience que je me voilais la face depuis trop longtemps et qu’il était temps d’être fidèle à moi même et d’arrêter de manger des trucs morts.

Voici quelques petites choses, sur lesquelles j’ai envie de revenir aujourd’hui :

« T’es végétarienne ? Fais les choses à fond, sois végétalienne ! »

Alors déjà, non, je fais ce que je veux. Et je ne demande l’avis de personne. Je ne fais la morale à personne et ne juge personne. Vous voulez manger un steack devant moi ? Grand bien vous fasse. Alors j’ai du mal à comprendre pourquoi tant de personnes (qui d’ailleurs bien souvent ne font pas le moindre petit sacrifice de leur côté) se permettent de me dire ce que je devrais faire ou que je n’en fais pas « assez ».

Oui, je mange des oeufs, oui je mange du fromage, non je n’ai pas jeté mon canapé en cuir et mes Nikes. Oui je fais un maximum attention aux produits que j’achète (oeufs bios plein air, fromages de petits producteurs), et oui dans la mesure du possible je favorise le simili-cuir. J’ai rejeté toute consommation de fourrure, que ce soit en déco’ ou sur mes vêtements, mais je sais qu’il y a encore des plumes de canard dans un de mes manteaux et une peau de mouton achetée chez Ikea dans ma chambre, vestiges d’une période où je ne pensais pas encore à tout ça. D’ailleurs, pour info, une fausse peau Ikea m’a été offerte par ma meilleure amie et elle est toute aussi belle que la vraie : à bon entendeur. Bref, si je porte des chaussures en cuir et même si un jour je viens à craquer pour une pièce de viande, je ne comprends pas pourquoi je devrais rendre des comptes aux gens qui eux de leur côté ne se posent, en plus, jamais de questions.

Je ne mange pas les animaux

« Pourquoi es-tu végétarienne ? »

La question qui revient tant de fois… Je ne le prends pas mal. La plupart des gens sont curieux et entrent dans des considérations assez constructives. Donc c’est chouette. Et sinon, je suis végétarienne pour plusieurs maisons.

1) Je refuse que des animaux soient tués pour mon simple plaisir gustatif et je ne suis pas convaincue que mon « état naturel » légitime cette pratique. Je suis sensible à l’empathie animale, d’autant plus depuis que mon chien est entré dans ma vie.

2) J’estime que je n’ai pas besoin de manger des animaux et que je peux me contenter du reste, déjà très riche et varié.

3) Je suis en bien meilleure santé depuis que je mange moins de viande et je n’ai aucune carence à déclarer.

4) Je suis convaincue que l’impact écologique de notre consommation massive de viande et de poisson est désastreux. A défaut de rêver d’un monde végétarien, je rêve d’un monde où les gens se contentent d’un plat à base de viande et d’un plat à base de poisson par semaine.

Je ne mange pas les animaux

« Et les légumes que tu manges, ils ne souffrent pas ? »

On appelle ça « le cri de la carotte ». Jusque là, cela me faisait rire. Puis je me suis rendue compte que ça n’est pas si con. Même si la plupart des personnes qui invoquent cet argument sont tout simplement au bout de ce qu’elles ont pour argumenter et ne développent pas toutes la même sensibilité face à la Vie. Puis cet argument a été amené cet été par ma tante qui respecte chaque vies et qui est très proche de la nature. Elle n’est pas végétarienne et a attiré mon attention sur le fait qu’une plante est une vie et que les végétaux ont une sensibilité à leur manière. Ca semble perché mais ça m’a parlé. Alors, non, je ne dis pas pour autant « merci pour ce sacrifice » à chaque aubergine que je mange, mais je me rends tout simplement compte que ce qui me permet de subsister à mes besoins est un cadeau. La nature nous fait beaucoup de cadeaux, et je veille à prendre ce dont j’ai besoin, en accord avec ma sensibilité. Je n’ai personnellement pas besoin de manger un lapin, et ça me ferait de la peine de le faire. Voilà voilà.

Je sens que j’en ai perdu certains avec mon histoire de Mère Nature. Non, je ne suis pas tarée.

Je ne mange pas les animaux

Non, je ne suis pas parfaite.

Comme je le disais, je porte encore des chaussures en cuir, je mange du fromage (bah non, on a pas BESOIN de burrata), même si je fais attention à ce que j’achète je vais parfois donner de l’argent à une grand surface pour des Babibels. Je sais que c’est pas le top, mais ça m’arrive. Je crois que le propre de mon état d’Humain c’est d’être faible, tentée et imparfaite (je suis athée, je vous le jure). Mais je me soigne.

Je vois trop de personnes, et surtout sur la blogosphère, qui se permettent de juger les autres ou des blogueurs qu’ils lisent. Et si nous arrêtions simplement de regarder ce que fait le voisin, de l’accepter avec ses imperfections et ses écarts ? Si nous le valorisions au quotidien pour ses efforts, ne serait-ce que partiels ? C’est facile de pointer son vilain doigt sur celui qui tente de bien faire mais qui fait un écart ou qui semble parfois incohérent dans ses choix. On dirait que cela déculpabilise les gens de ne pas nous-mêmes tenter le coup. Et je ne parle pas de certains membres de la communauté vegan qui crachent sur les végétariens quand ils mangent un oeuf à la coque. Je trouve cela puéril. C’est une perte de temps et d’énergie, non ? Et si on se concentrait simplement ce que nous pouvons changer à titre personnel ? Chacun sa pierre à l’édifice, selon ses choix, ses possibilités, ses envies.

En parlant de faiblesse… Oui, quand on est végétarien, on peut aussi être adepte de la malbouffe, des brunchs bien lourds, des beignets et des plats cuisinés, dégoulinants de crème. Juré, je ne suis pas malheureuse.

Un exemple ?

Je ne mange pas les animaux

Sur ce, vous savez tout !

Je suis curieuse de savoir… certains d’entre-vous sont-ils végétariens ? Il me semble que c’est de plus en plus courrant. Effet de mode ? Franchement si c’est le cas, je n’irais pas dénigrer cela. Tant mieux si cela créé des prises de conscience et si cela dure.

Et pour le fun, cette très chouette infographie, par Get Yout Guide, petit guide du végétarien voyageur, et qui propose quelques chiffres clés très intéressant. Saviez-vous par exemple qu’une personne végétarienne épargne 7 000 vies en moyenne dans sa vie ?

Je ne mange pas les animaux
Je ne mange pas les animaux

J’ai pas exemple remarqué que certains restaurateurs, par exemple, quand je dis que je suis végétarienne, se disent qu’ils peuvent me servir du poisson. Etrange.

Pour ma part, je ne détaille pas : je dis « Je ne mange pas d’animaux ». C’est plutôt clair, non ? 🙂

A très vite !

0 commentaires sur “Je ne mange pas les animaux

  1. Ophélie G. dit :

    Merci pour ce très bel article qui reflète énormément ce que je pense. Je n’ai ni bottes en cuir, ni peau de mouton IKEA, mais dans l’ensemble, je suis comme toi ! Et j’en ai tout aussi marre qu’on me reproche de manger du fromage. Je trouve très juste ce que ta tante t’a dit. Je n’y avais jamais pensé de cette façon, mais elle a tout à fait raison quand elle mentionne une sensibilité différente des plantes. Bref, merci ! xx

  2. Karine dit :

    Quelle belle lecture, et quel hasard que ce soit au moment où je suis en train de rejeter de plus en plus la viande et songe à m’orienter vers le végétarisme(oui, moi aussi l’idée de ne plus manger de fromage me rebute absolument par exemple).Quant au « cri de la carotte », j’y ai déjà songé et, sans non plus remercier chaque légume pour son sacrifice, je ne les manipule plus de la même façon(réminiscence d’un article dont l’auteur expliquait que manipuler les aliments avec respect nous permet de mieux les apprécier, dont de mieux déguster et se rassasier… chacun ses trucs!)
    Je n’imagine pas-plus le regard des autres, quand tu as une opinion que tu as forgée fermement, cela n’importe plus et les discussions stériles des gens obtus qui ne valident pas tes choix font dépenser une énergie folle que je ^réfère dépenser dans d’autres domaines!!
    Je t’envoie plein de pensées positives et te remercie pour cet article!

    1. all-and-co dit :

      Ton commentaire me touche beaucoup ! Merci ! Intéressant cette idée du respect des aliments. D’où l’intérêt de ne pas acheter des plats déjà cuisinés 😉

  3. Valentine dit :

    Ton article me parle énormément, tu le sais.
    Bravo pour cette démarche, tes petits gestes, qui sont bien plus que ce que beaucoup ne font pas. Je suis exactement sur la même longueur d’ondes que toi concernant la fromage, le beurre, les œufs (de temps en temps)… Nous ne sommes pas parfaites et ce manquement à ce qu’on attend des « juste » végétariens (pesco-végétarienne, pour moi) irrite ceux qui voudraient que l’on soit extrême dans notre démarche.
    Merci pour cet article en tout cas !

    Belle soirée 🙂

  4. Fanny dit :

    Un vaste sujet… Le « cri de la carotte », je devais avoir 8-9 ans quand je l’ai « compris ». Sur le coup, ça a plutôt été le cri de la pâquerette d’ailleurs ! Comme tu le dis, je ne suis pas végétarienne, encore moins végétalienne. Je mange des animaux que d’autres ont tués pour moi, je ne fais pas de prière à chaque légume que je mange mais je n’arrache pas non plus inutilement un végétal, herbes sauvages comprises. Mes poules se font manger par un renard ? C’est la vie. Lui aussi doit se nourrir. Perchée, moi ? Je ne sais pas… où est la limite à ne pas franchir ? Est-ce que celui qui se croit supérieur à une poule est moins perché que moi ? Je ne tue pas les araignées, ni les fourmis, je déplace les escargots ou autres insectes qui pourraient se faire écraser, je zigzague les soirs de pluie pour éviter les crapauds qui traversent la route… Je ne suis pas végétarienne mais j’épargne bien + de 7000 vies par an. Tout ça amuse beaucoup mon entourage. Et je vais encore apporter de l’eau à leur moulin : J’ai pleuré à chaudes larmes ce week-end en croisant des chasseurs et les cadavres qu’ils portaient fièrement. Pour moi ce n’est pas un jeu. Je respecte la vie, TOUTE la vie et je défends la mort utile (celle du mouton qui nourrit l’ours des Pyrénées par exemple). Crois en ce que tu fais, c’est ce qui permet de ne pas avoir de regrets.
    Perchée ? Tant mieux, au ras du sol on voit trop la connerie humaine.

  5. Elodie S dit :

    Je tends vers le végétarisme (je n’y suis pas encore, j’ai arrêté la viande mais mange encore 1 fois par semaines du poisson) pas par éthique (je n’ai rien contre les animaux mais, je ne suis pas particulièrement sensible à leur cause non plus) mais simplement parce que la viande ou les poissons qu’on nous fait manger n’ont plus rien d’une viande ou d’un poisson. Ce sont des mélanges de produits chimiques que je n’ai pas envie de donner à mon corps. On me rétorquera qu’il suffirait dans ce cas là que je mange bio mais….non. Bref, chacun ses raison. La mienne est celle-là. Je ne sais pas si c’est un effet de mode, si ça me passera mais pour le moment, je vis bien ainsi. Je réduis considérablement ma consommation de poissons pour en arriver à ne plus du tout toucher aux animaux mais je ne veux pas brusquer mon organisme. Comme tu le dis, l’alimentation est quelque chose de personnelle. Personne n’a à me dire si ma démarche est « bien » ou pas. Je pense savoir ce qui me convient. Bref. J’ai adoré lire ton article.

  6. swaallow dit :

    Très bon article 🙂 Tu as la même mentalité que moi face à notre végétarisme dans le sens  » manges ce que tu veux mais laisse mon assiette en paix 😀 « 
    C’est déjà bien assez compliqué de vivre avec ses valeurs et d’adapter sa vie à ce nouveau mode de vie et d’alimentation pour qu’en plus on nous juge là dessus ( nan mais oh ! 😀 )

    Depuis peu j’essaie de limiter le fromage ( mais c’est duuur ), je ne bois pas de lait ( le lait d’amande dans les smoothies c’est la vie ! ) et je ne met des œufs que dans mes pâtisseries.

    En tout cas je raconte tout dans mon témoignage végétarien : http://swaallow.com/2015/07/les-blogueuses-vegetales-swaallow-vegetarienne.html

    J’y explique aussi mon projet de réunir des blogueuses végétales en leur laissant la parole sur mon blog ( et peut être un jour sur un blog dédié à cela ) pour montrer aux autres que nous ne sommes pas des extrémistes et que nous avons toutes une vision différente et une vie « normale » ( on mange pas que des graines ! )
    Si tu veux rejoindre ces témoignages et ces blogueuses végétales tu es la bienvenue 🙂 Ton témoignage sera je très apprécié ! ( ainsi que faire découvrir ton blog évidemment )

    Bises !

    1. swaallow dit :

      Ah et je garde ma veste en vrai cuir malgré mon refus d’en acheter maintenant, ainsi que mes chaussures comme toi. Mais quand une cliente ( Pimkie ) me dit  » oh c’est en vrai cuir et pas cher en plus ! » C’est dur de ne pas lui sortir un  » assez cher pour la petite vache qui est morte pour tes pompes 😀 »

  7. Leslie - Tache de Rousseur dit :

    Suer article ! Je suis végétarienne depuis 4/5 ans (j’ai oublié quand j’ai commencé, et puis tout a été très progressif). J’ai fait un premier article ici si ça t’intéresse (http://tachederousseur.com/2015/06/chroniques-dune-vegetarienne-1/) et je laisse la suite macérer dans mes brouillons depuis des mois… C’est un sujet pas évident à aborder je trouve.
    Je te conseille aussi vivement de lire la BD Insolente veggie 😉

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