« Pouce ! »

Excusez-moi, je vais avoir des états d’âme.

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Ce soir, j’ai posté ce petit texte sur Instagram, réagissant à ma façon aux actualités :

« Quand j’étais petite, je n’étais pas bien vaillante, et lors de jeux de récré’ je criais « Pouce ! » un peu trop souvent. Aujourd’hui j’en ressens à nouveau le besoin. Allez, « Pouce ! », on arrête, on fait une pause, c’est l’heure de la sieste, on lance la pub, « c’est toi l’chat ». J’en sais trop rien…

Mais que ça s’arrête 😞😢 »

Le 13 novembre, Paris, je pleure devant ma télévision, je ne comprends pas, je suis choquée, dévastée. Le 14 juillet, je suis en colère et profondément triste, mais je savais que ça allait arriver. Je ne savais pas quand, ni où, mais je crois qu’au fond de moi, je savais. On le savait tous. Je n’ai rien écrit, rien posté. Je ne savais plus quoi dire, quoi faire. J’ai réalisé notre impuissance. Je n’oublie pas le reste du monde. C’est bel et bien arrivé aussi, tout comme pour nous, bien avant nous. Cette semaine, l’Allemagne a été touchée et je me demande comment il est possible que je sois aussi stoïque devant la nouvelle. Je voudrais bien qu’on soigne le monde, qu’on soigne l’humanité. J’ai beau me triturer les méninges : comment fait-on une chose pareille ? Comment on change le monde ? J’ai essayé de crier « Pouce ! », comme quand j’avais 8 ans. Mauvaise nouvelle, c’était pas ça. La solution doit être ailleurs.

Est-ce qu’on doit faire quelque chose ? Est-ce qu’on peut faire quelque chose ? Par où commencer ? Est-ce qu’on se sentira à nouveau en sécurité un jour ? J’ai bien envie de vous dire que je n’ai toujours connu que la paix, dans mon pays du moins, et que ça me fait mal de devoir y renoncer. J’ai bien envie de vous dire que je n’ai pas peur du terrorisme, que je n’ai pas peur que ça me tombe dessus. J’ai peur d’une chose seulement : ce sentiment de fatalité, cette habitude que l’on est en train de prendre, l’acceptation de l’horreur et des disparitions que l’on va tenter d’oublier pour continuer à vivre. Est-ce qu’on peut seulement le faire ? Est-ce qu’on en a le droit ? Je veux dire, sans même essayer de changer un peu les choses. Je dis ça… j’écris sur mon blog, centrée sur moi-même et sur mon petit nombril, au moment même où je me pose toutes ces questions. Et pour publier cet article, j’en ai décalé un autre bien plus joyeux. Décalé à quand ? A demain, seulement quelques heures plus tard. Signe que j’ai déjà répondu à ma propre question. La vie va continuer. Du moins, la mienne, la nôtre. Contradictions…

Est-ce qu’on peut effacer l’ardoise et recommencer ? Est-ce qu’on peut espérer l’arriver d’un super héros ? On connait la réponse là aussi. J’imagine que c’est à nous, notre génération, de faire quelque chose, d’arrêter tout cela. Mais on ne combat pas un fusil avec une fleur. Ca, je le sais. Le reste, je ne sais pas. Je ne sais rien. C’est limpide ce soir.

Je suis désolée pour cet article, un poil triste. Mais croyez-moi, pas défaitiste. On les aura. Qui ? Comment ? A moi aussi, là tout de suite, ça me semble insurmontable. Mais on les aura. Le tout est qu’il persiste un « on », un « nous ».

Je vous souhaite du courage pour les semaines et mois à venir. Je nous souhaite du courage. Je vous souhaite d’aimer, de répandre toute la bienveillance dont vous êtes capables. Je vous souhaite de continuer à faire des projets. Les projets, l’avenir, l’espoir, la fraternité entre nous tous. C’est tout ce qui compte. Faisons des projets.

Quels sont vos projets ? Quels sont nos projets ?

Autant de questions auxquelles il va falloir bientôt répondre.

 

Et comme si je n’avais que ça à faire, que ça à penser, je viens de chercher pendant 10 minutes dans quelle catégorie je pouvais bien mettre cet article. Quelle question. Non-classé. Tout gris. Non archivé. J’en suis venue à me demander si ça n’était pas le signe que je ne devais pas le publier. Mais au milieu de tout ça, au milieu des listes shopping et des tests pailletés, putain, pardonnez-mois, j’avais besoin de coucher ça ici ☔️

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