Derrière les citrouilles & sortilèges

Vous le savez, Halloween est ma période préférée de l’année. Tout comme l’automne. Octobre et novembre sont si doux, si joliment colorés. Le froid revient, la nuit tombe à nouveau plus tôt pour nous envelopper à chaque fin de journée dans une ambiance qui me va bien mieux au teint que les plages de sable fin…

La période se prête aussi tout particulièrement aux tenues de sorcières, capes et déguisements, qui passeraient presque inaperçus. Porter le noir comme une seconde peau, comme un uniforme, c’est mon truc. Mais l’occasion de sortir les robes voilées, étoilées, lunaires… ne se présente pas si souvent.

Je vous livre donc aujourd’hui quelques clichés, entre cueillette d’herbes essentielles aux potions du jour, et petit détail effrayant. Mais non, ceci n’est du sang. Quoique…

Je vous livre au passage, aussi ma pensée.

A travers les âges, femmes indépendantes, femmes fortes : je crois que l’on est toutes un peu sorcières, à notre manière. Sorcière… dans la bouche de certains, il n’y a pas encore si longtemps, désignait les femmes désireuses de vivre seules, femmes sans enfants par choix, femmes médecins, femmes érudites, femmes cultivées, femmes de pouvoir.

L’Histoire montre que les femmes ont souvent été accusées, soupçonnées de sorcellerie, dès qu’elles avaient l’audace de prendre le dessus sur la gente masculine. Il est pourtant aisé, je crois, pour nous, d’y parvenir.

Combien de courtisanes exécutées parce qu’ayant pris trop de pouvoir sur le coeur d’un monarque, et donc la main sur ses décisions stratégiques et politiques. Combien d’autres brûlées parce que trop guerrières, trop indépendantes, trop désobéissantes. Combien d’autres, refusant de reconnaitre un dieu qui ne les reconnait pas elles, préférant se référer aux seules lois de la nature, jugées pour leur instinct.

Oui. C’est un sujet qui me passionne autant qu’il me terrifie, par peur de dire mal, de dire faux.

J’en détecte tant aujourd’hui, des chasses aux sorcières bien cachées, sous couvert de bienséance, d’un retour « aux sources », de valeurs qui n’en sont plus… J’aimerais écrire à ce sujet. Il se peut que je le fasse. C’est au final une histoire de femmes, je crois. Mais il est si difficile de parler des femmes, tant les femmes entre elles-mêmes manquent parfois de bienveillance.

Tu as vu, Internet, comme un post « Halloween » se transforme en post féministe.

Et je sais pourtant si MAL parler de féminisme. C’est un sujet que je tente d’apprivoiser à travers mon ressenti moderne, et les lectures historiques qui me plongent sans cesse dans un monde de rejet et de peur de l’autre et du dessus qu’il peut prendre sur nous. D’un côté comme de l’autre.

Lorsque l’on se renseigne un peu sur les chasses aux sorcières, du Moyen-Âge, les suspicions de sorcellerie à la renaissance et d’autres étonnamment bien plus modernes, on se rend compte avec étonnement que le sujet de la magie noire, de la sorcellerie, est presque intimement lié à l’Histoire des femmes. Rapport à la nature, place dans le monde, place au sein de la tribu… à travers les âges nous sommes matrices, créatrices de vie, armes, douceur et réconfort, frustration, danger, colère noire, intelligence et culture, mères. Nous sommes souvent aussi « celles qui se cachent derrière ». Ces impressions là, en fin de compte, sont une Histoire d’hommes. Et peu importe la forme que prennent leurs réactions, il faut y voir de la peur face à un potentiel magnifique. Le nôtre. Notre magie.

Je le sais, Internet : elle est terriblement brouillon ma pensée.

Mais elle nait, il me semble, de quelque chose de bien plus fort que toutes les critiques qui pourront en découler. Je suis armée.

Pour celles et ceux à qui cela parle. Ce sera comme toujours un immense plaisir de vous lire.

Merci à Loïck pour les jolies photos pleines de poésie ! / Crédit : www.lqqz.fr 

10 commentaires sur “Derrière les citrouilles & sortilèges

  1. Chacun a sa propre idée du féminisme et ça doit être la raison pour laquelle tu la ressens comme brouillonne ^_^
    C’est joliment écrit.
    J’aime beaucoup ta ligne sur le manque de bienveillance qui peut exister entre les femmes. Cela résonne en moi. J’ai effet visionné un documentaire Netflix sur le Féminisme dimanche sur. Il y avait cette femme qui disait parfois ne pas savoir quelle était sa place dans la société en tant que femme de couleur. (Dès que je retourne le nom du doc, je te le donne 😉 ).

    1. Merci pour ton message et ton avis laissé 🙂
      Effectivement je pense que le féminisme est tantôt compliqué à définir, tantôt à s’approprier. Je ne m’y risque pas…
      Avec plaisir pour le documentaire. Tu me diras !

  2. Je ne sais pas si je suis féministe . Alors je n’irais pas forcément sur un terrain inconnu ou peu connu . Je suis plus pr le dépassement que pr l’égalité tu vois .
    Pour ce qui concerne les sorcières je devrais le repencher là dessus,plus jeune ,bcp plus jeune j’adorais ces histoires réelles ou non , le côté vampirique aussi ,c’est un drôle d’univers mystique et mythique que j’aime beaucoup .

    1. On l’est peut-être toutes à des degrés différents, avec un vécu différent… J’ose espérer que nous sommes toutes pour l’égalité, le dépassement pourquoi pas. Pour moi l’idée est surtout de stopper net l’emprise qu’ont les hommes depuis la nuit des temps sur l’existence féminine. Et surtout, de nous rendre compte de notre force, de notre potentiel…

  3. Très belles photos, pleine de poésie comme tu dis. Et très bel article. Tout est histoire de bienveillance. Le féminisme n’aurait pas lieu d’être si reignait la bienveillance. Mais là….il n’est plus d’histoire de sorcière mais de comte de fée

    1. Il n’y a pas que de la bienveillance pour moi. Bon nombre d’hommes, sous couvert de bienveillance, de protection masculine, ne sont pas capables d’accepter qu’une fasse puisse faire preuve d’indépendance, de libre arbitre, de se défendre, puisse mieux réussir que les hommes de sa famille. C’est parfois très léger, mais c’est bien là et c’est assez insupportable.
      Et je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible sur le long terme. Disons simplement que certains parents ont un devoir important d’éducation avec leur fils, vis a vis des femmes.

  4. Je n’étais pas féministe. J’étais pour l’égalité des sexes, j’aurais voulu que ça aille de soi… bien naïve que j’étais !
    Et puis ma fille est née. PAF ! Je me suis sentie envahie par un sentiment étrange : je me devais, je me dois d’être féministe. Je dois le lui apprendre, ainsi qu’à son grand frère.
    Mais comment faire ?! C’est brouillon dans ma tête alors te lire me rassure ! Merci !
    J’essaie de leur apprendre l’égalité. A 5 ans et 18 mois, ils jouent aux voitures ensemble et préparent le repas des doudous, ensemble aussi. J’espère que c’est un bon début.

    1. Merci beaucoup pour ton message. C’est un sujet difficile.
      Le gros travail à faire est pour moi justement en termes d’éducation des générations futures, alors il me semble que ce que tu fais est très important 🙂

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