La sorcellerie, la mode et les réseaux sociaux

Qu’est-ce que c’est, une sorcière ? Pourquoi est-ce que l’on en parle tant ? Comment es-tu devenue sorcière ou l’as-tu toujours été ? Comment le devenir… sans parler des messages moins sympathiques qui me promettent les flammes de l’enfer : voici ce que je reçois plusieurs fois par jour via mes réseaux sociaux. Cela-dit, ce n’est pas un souci, car c’est un souci sur lequel j’aime beaucoup échanger. Dernièrement, j’ai répondu à des interviews, des questions d’internautes, et j’avais envie de recenser ici mes réponses, mes réflexions sur le sujet. Elles sont amenées à évoluer. J’avais déjà abordé le sujet, une première fois, ici par exemple, mais j’avais d’y revenir, encore…

Je propose donc ici une nouvelle ouverture du sujet, de nouvelles réflexions et pensées mais aussi quelques réponses aux questions qui reviennent le plus souvent. Merci à vous tous pour vos questions ainsi qu’aux différents journalistes qui m’ont interrogée dernièrement. Des questions intéressantes qui alimentent ma réflexion ont germé de ces échanges !

Cela tombe bien, car je suis convaincue qu’il ne faut jamais cesser de remettre ses convictions en question…

Passons donc au jeu des questions / réponses :

C’est assez difficile de répondre à cette question et il semblerait que la définition que je porte au moment sorcellerie ne soit pas universelle. Pour ma part, je regroupe dans la notion de sorcellerie toutes les pratiques liées à la nature, à l’instinct, à l’introspection. C’est un état d’esprit mais aussi un état physique qui pousse à être à l’écoute de toute chose et à un voir un potentiel magique. Cela se traduira chez certains par des actes de divination, permettra à d’autres d’intervenir en termes de guérison psychique et physique, ouvrira à d’autres encore un chemin vers des modes de communication étonnants… je crois qu’il y a autant d’aptitudes à developper que de détracteurs de la magie. Parfois c’est un don qui s’impose à nous, parfois on le développe et on le travaille. Il y a également autant de sorcelleries que de sorciers, je crois, aujourd’hui, au sens où cela fait appel à l’instinct, aux envies, à la personnalité. Aucun livre n’est LA référence ce que qu’est la sorcellerie et ce que doit être sa pratique. Les seules règles à appliquer sont celles qui parlent à chacun et qui leur semblent les plus saines dans le cadre de leur démarche.
Certains définiront la sorcellerie comme la discipline des femmes qui ont juré allégeance à Satan. C’est très faussé et biaisé, comme vision.C’est d’ailleurs une définition donnée par l’Eglise, lorsque des femmes savantes, indépendantes et lorsque la science se sont mis à les titiller de trop prêt. La sorcellerie, pour moi, c’est la capacité à s’ouvrir au monde qui nous entoure, au delà de tout ce que l’on a pu nous apprendre, de tout ce qui nous semble évident, de se caler sur la nature : son rythme, ses messages, ses caprices aussi, afin d’en faire une force et de développer des aptitudes insoupçonnées voir inexpliquées. Accepter la sorcellerie, c’est oublier d’être cartésien, pour accepter que nous n’avons pas réponse à tout et que notre expérience, notre ressenti sont parfois la clé de nos démarches.

C’est une question intéressante. L’instinct, mes émotions et la manière dont je les gère, mes intuitions, mon lien particulier avec la nature, les plantes, les insectes… mon rapport aux autres, à la société et aux événements de la vie, également. C’est un tout.

La personne qui a posé cette question a précisé (à part la Lune et le Tarot). C’est un peu réducteur en fait, puisque le Tarot est arrivé bien tardivement dans ma pratique. Je le mets d’ailleurs un peu en marge, même si je progresse dans le fait d’être vecteur d’une énergie et de l’insuffler dans l’outil qu’est le jeu de cartes. Je crois enfin avoir trouvé quelques sets qui m’aident bien dans cette démarche. D’autres sets relèvent plus d’outils de développement personnel lorsque je les utilise.

La lune est un astre qui a une influence toute particulière sur l’organique. Le minéral, l’animal, le végétal, les liquides, ont des réactions en phase avec les phases de lune. Cela demande un article à part entière. La Lune fait en fait partie intégrante de Nature et de cet équilibre à la fois puissant et fragile. Je la prends bien sûr en compte, mais je prends aussi en compte les phases de jour et de nuit, les saisons, les rythme de pousse des plantes dont j’ai besoin.

Je prépare des potions, tisanes, remèdes à base de plantes et de minéraux. Je pense mes sortilèges d’une manière qui m’est propre et qui a en fait toujours été là, en moi, et à aucun moment je ne souhaite diffuser ces “techniques” là car elles me sont propres, relèvent de mon propre ressenti et fonctionnement. Je crois que la pratique est propre à chacun. Chacun va construire ses rituels, ses elixirs… ou pas. Je ne fais pas de magie. Je vais puiser celle qui réside dans chaque chose et j’insuffle l’énergie dont je suis le vecteur. Certains n’iront jamais jusque là et se contenteront de ressentir les choses, d’écouter leurs intuitions. Ça n’en fait pas moins des sorciers.

Si en posant cette question, vous cherchez vous-même ce qui déterminera que vous soyez une sorcière ou non : sachez que cela ne tient qu’à vous.

Pour ma part, je ne cherche pas à me justifier et je ne souhaite pas forcément faire l’étalage de mes aptitudes et prédispositions ici. Avant toute chose afin de me protéger. Si vous sentez au fond de vous qu’il y a quelque chose, vous n’avez besoin que de votre propre confirmation. Une approbation des autres ne devrait rien changer à votre ressenti et à la manière dont vous allez vous servir de vos intuitions ou aptitudes.

Pas d’intuitions spécifiques ? Pas d’aptitudes à déclarer, mais l’envie de vous lancer ? Apprenez à comprendre et faire avec la nature et ses cycles. Analysez de quelle manière votre propre corps et votre esprit se calent d’eux-mêmes dessus sans que vous ne vous en soyez rendu compte jusque là. Ouvrez la porte, régulièrement. Le reste viendra en temps voulu.

Ne cherchez pas à vous enfermer tout de suite dans un groupe, dans une typologie de magie. Explorez, mixez vos inspirations. Si des choses vous plaisent dans la Wicca mais que le Chaos vous parle aussi : soit. Piochez et construisez vos propres rituels. J’emprunte pour ma part beaucoup à la Wicca (qui elle même emprunte beaucoup par ailleurs) mais je ne la suis pas scrupuleusement car beaucoup de ses aspects ne me conviennent pas. J’ai par exemple entièrement banni les rituels parlés de ma pratique. Je me sentais ridicule, ça ne collait pas, rien ne circulait en moi et ça coupait toutes mes perceptions et mon énergie : à quoi bon ?

Bien sûr !

La sorcellerie étant une pratique en lien avec la nature, je suis d’avis qu’elle doit inclure chaque fruit de la nature, masculin, féminin ou autre. En fait, c’est l’un des sujets qui me taraude le plus, dernièrement. Dans l’un de mes précédents articles, on m’a fait remarquer que j’étais excluantes. Je parlais en effet constamment de femmes. Quid des autres ? En effet. Question plus que légitime. La notion de sorcellerie liée aux femmes vient de l’Histoire, je crois et de ce que les hommes ont fait pour contrôler et contraindre “le féminin”. Mais aujourd’hui, on revient à juste titre sur ces notions d’étiquettes, de féminin, de masculin. J’ai l’impression que le sujet de la sorcellerie touche en fait plus instinctivement les femmes ou les hommes qui laissent pleinement s’exprimer ce que l’on appelle parfois leur “féminin sacré”. Cependant, j’ai eu aussi des échanges avec des hommes à ce sujet qui étaient sacrément intéressants. Cette notion là aussi je la remets en question. Il est coutume en sorcellerie de parler de féminin et de masculin sacré, chacun d’entre-nous ayant les deux en lui. OUI MAIS, la notion me gène de plus en plus au sens où le féminin est lié à la sensibilité, l’intuition, le soin et le masculin à la force, à l’intelligence… Il suffit de voir certains guides d’interprétation du tarot ou de lecture des rêves pour s’en rendre compte. C’est souvent très sexiste, très genré, raciste et cela laisse peu de place à la diversité. C’est en fait toute une symbolique à réinventer et cela a déjà été initié naturellement par bon nombre d’entre-nous. Je reste en tout cas de plus plus vigilante sur ces sujets : 1) de peur de blesser 2) parce qu’il est important de former sa pensée en accord avec le monde moderne dans ce qu’il a de meilleur : la tolérance et la diversité.

Pour revenir aux hommes et à la sorcellerie, plus précisément, je suis régulièrement frappée de voir que certaines sont très virulentes voir même ne se sentent plus en confiance ou en sécurité quand un homme rejoint un cercle ou un événement dédié au sujet. Je l’ai observé de mes propres yeux et j’ai trouvé cette dualité constante vraiment compliquée à apprécier et à juger. Je vois passer de très nombreux Covens interdits aux hommes. Les femmes cherchent, pour se protéger, pour s’exprimer sans barrières, des espaces de sororité et les trouvent bien souvent dans la sorcellerie. Il me semble très malvenu de lancer un “not all men” dans ces moments là. Et pourtant… mon esprit bloque. Vos avis et retours d’expérience m’intéressent à ce sujet !

Il existe en tout cas de nombreux hommes magnétiseurs, coupeurs de feu, naturopathes…

Depuis toute petite, je sens une différence assez frappante (pour moi) entre moi et la plupart des autres personnes. Ils ne prennent pas le temps d’observer, ils semblent ne pas ressentir certaines choses… comme si une porte était fermée pour eux. Puis je reconnaissais aussi ceux qui semblaient « comme moi ». Je n’ai jamais trop développé cela, si ce n’est en m’en servant, je crois, dans mon chemin de vie, dans mon évolution. J’ai toujours fonctionné à l’instinct, quitte à faire les choses dans le désordre ou à adopter des parcours étonnants.
Ma pratique de la sorcellerie est verte. Elle est donc basée sur le pouvoir, les capacités et les aptitudes des plantes. Ça a été la base de mon éveil, mais j’ai ensuite choisi d’aller plus loin à travers l’interprétation des rêves, le travail des intuitions et la gestion des énergies. J’utilise peu voir pas du tout mes capacités dans le but d’aider les autres car je reste très prudente. Mes proches en bénéficient et cela me semble déjà suffisant. J’ai ensuite souhaité partager cela sur les réseaux sociaux, me rendant compte que c’était un réel sujet d’échanges riches. 
Je survole ou développe certaines disciplines en fonction de mon envie et de mon instinct : botanique, lunologie, astrologie dans une certaine mesure, herboristerie, lithothérapie, tarot, pendule… je ne rends de comptes qu’à moi-même sur ce que je choisis de maîtriser ou non.

Je crois en fait que la magie est en toute chose. Si tu cherches à l’intégrer à ton quotidien, tu te poses peut-être la mauvaise question. Il faudra commencer par apprendre à la voir dans les choses les plus simples. Le soleil qui se lève chaque matin, les marées, les pâquerettes qui s’ouvrent et se ferment, ces petites impressions de déjà vu, la force reçue d’une conversation motivante, une tisane pleine de bonnes plantes pour calmer les fins de journées… ça y est, tu vois ?

Peut-être voulais-tu par cette question me demander comme concrètement la sorcellerie s’inscrit dans le quotidien, dans la pratique et les rituels. Je dois l’avouer, je suis mauvaise élève à bien des égards. J’ai déjà sauté des rituels de pleine ou nouvelle Lune, ne ressentant pas l’envie ou le besoin d’y recourir. Ce peut-être un bon départ pour trouver son rythme. Par exemple, procéder à tout ce qui est actions et rituels de purification et de guérison lors de la pleine Lune et axer plus la nouvelle Lune sur des rituels de divination, d’introspection.

Je me définis comme sorcière au titre que je pratique la sorcellerie.Je me définis sorcière également pour affirmer clairement que mes pratiques font partie de ma vie, qu’elles guident beaucoup de choses me concernant, et pour exprimer ma volonté d’être indépendante, forte, « savante » ainsi que ma capacité à remettre en question les faits que l’on m’impose de prime-abord. 
Le fait de le dire, clairement, de l’écrire, m’apporte des échanges riches. Depuis que j’ai décidé de ne plus faire taire cela et de donner à cette part de moi toute la place qu’elle mérite dans ma vie, cela a débouché sur des échanges d’une rare richesse, sur des expériences inespérées et sur un partage de connaissances et une soif de recherches qui donne de l’espoir quant à notre capacité à remettre les choses en question et à garder l’esprit ouvert.

J’ai écrit un article que je crois assez complet sur le sujet !

Vous pouvez tous retrouver mon approche et mes méthodes, ici !

Si, suite à cette lecture, n’hésitez pas à venir m’en parler via Instagram ou en commentaire sous l’article. Mais en général, les réponses aux questions que je reçois sont dans l’article.

Je ne suis pas une grande pro’ du Tarot. Je ne vends pas de consultations. Je ne suis pas voyante. Si vous souhaitez vous mettre au Tarot et aux Oracles pour vous tirer les cartes à vous-mêmes alors mon article pourrait vous donner les clés pour démarrer. Si vous recherchez plutôt une personne sérieuse et pertinente qui saura vous proposez des consultations de qualité, je peux vous recommander des personnes, par messages privés Instagram ou par mail. N’hésitez pas. On trouve de tout, alors privilégiez toujours un consultant qu’une personne vous a directement recommandé.

Il la conserve de par la construction moyenâgeuse qui a été faite de la sorcière et de son image, par l’Eglise, dans le but de se donner des droits sur le savoir, la science, l’indépendance, la liberté. Je ne dis pas que c’est encore foncièrement le cas aujourd’hui dans les messages de l’Eglise. Du moins, je ne l’affirme pas car je n’ai pas creusé la chose. Cependant, je reçois beaucoup de messages de personnes religieuses / croyantes, toutes religions confondues, à qui mes pratiques font visiblement très peur. 
Cependant, dans le monde aujourd’hui, si l’on doit redonner sa place aux sorcières telles que décrites autrefois, pas si sûre que les gens les verraient d’un aussi mauvais oeil : indépendance, détachement du patriarcat, capacités à guérir et à conseiller, intuition et instinct, sexualité libérée, ouverture d’esprit…Mon ouverture d’esprit me pousse d’ailleurs de plus en plus à ne pas exclure les hommes de tout cela et à ne pas diamétralement opposer femmes et hommes. Même si la sorcellerie a clairement souffert d’une lutte entre le féminin et le masculin, elle n’en résulte pas. Les femmes n’ont pas attendu que les hommes cherchent à avoir le dessus sur elles pour travailler leur intuition et connaître les vertus des plantes. Il fût même, je pense, un temps où ceci était l’affaire de chaque humain, qu’il soit masculin, féminin ou autre. J’aimerais beaucoup que l’on revienne à cette simplicité sans étiquette, je crois. 
Pour ce qui est de la haine… je ne souhaite pas particulièrement l’alimenter.D’une part elle provient de la peur, de l’ignorance, et du manque d’ouverture d’esprit. Celle-ci, loin de la cautionner, je l’excuse. On est formatés, élevés, sermonnés, d’une telle manière parfois qu’il est difficile de se sortir de cela. D’autre part, elle provient de personnes non convaincues qui voient dans la sorcellerie affichée ouvertement de l’opportunisme, du charlatanisme, ou que sais-je encore. Je peux là aussi comprendre et ces soupçons ne sont pas toujours versés à tort, malheureusement.Enfin, il y a les convaincus, convaincus également qu’ils sont plus légitimes à pratiques la sorcellerie pour des raisons X ou Y : racines familiales, origines, connaissances, pratiques, typologies de cultes, situation familiale, etc. En général, la haine la plus violente, je l’ai reçue d’eux. A croire que la spiritualité dépend d’un look, de nos origines, de notre relation avec les hommes. A ce stade là, je ne comprends pas, je ne cautionne pas et je ne discute même plus.

Sur le fait de s’initier, je crois avoir répondu un peu plus haut !

Je voulais cependant conserver cette question car j’ai envie de revenir sur la partie “se former auprès d’une personne”. Beaucoup de personnes, sur internet, affirment que l’on ne peut être une vraie sorcière sans faire partie d’un Coven ou sans avoir eu un mentor. Cette manière de voir les choses me pose un souci. C’est vraiment dommage que certaines culpabilisent les autres parce qu’elles ne font pas partie d’un Coven. Ce mode de fonctionnement ne me convient pas. Rejoindre un Coven, c’est accepter parfois une hiérarchie, c’est répondre à des règles, à un calendrier, c’est pratiquer en groupe, et assez souvent donner un droit de regard sur sa pratique. Je me suis renseignée à plusieurs reprises sur des groupes qui m’ont contactée. Bien sur le papier, on parle de partage uniquement, et au final tout de même les règles et contraintes arrivent. Très peu pour moi. Je pense vraiment qu’il faut s’accomplir par soi-même dans ce milieu avant de savoir si on veut rejoindre un groupe ou non. Ça évite d’être façonné par les autres.

Du coup, je ne suis certes personne pour juger la pratique de ceux qui fonctionnent ainsi, mais c’est un peu léger à mon sens de déclarer à des novices qu’ils ne peuvent s’initier à la sorcellerie sans Coven ou mentor. Il me semble en fait que cela en dit long sur leur propre démarche et sur la manière dont ils ont formé leur propre pensée et pratique.

Mode il y a, en ce moment, bien évidemment. Je sais que certaines sorcières le décrient. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est pas un hasard si, aujourd’hui, comme dans les années 60, la sorcellerie revient sur le devant de la scène. Dans le théâtre du monde, les femmes ont un rôle important à jouer. Par impulsions, le monde, elles l’ont changé et le changeront. Et si, aujourd’hui, en 2020, une nouvelle vague de changement, d’ouverture d’esprit, doit s’abattre sur l’humanité, je cherche encore en quoi cela peut bien être un souci.Alors bien sûr, il y a des dérives commerciales, comme pour toute mode. Certaines sont plus inoffensives que d’autres. Au même titre que l’on demande aux gens d’être prudent et non-crédules face à certaines disciplines, même celles ayant pignon sur rue (médecines alternatives, coaching…) il faut aussi l’être face à la sorcellerie et l’ésotérisme.Que les détracteurs de cette mode, qui ne surgit pas pour la première fois à titre historique, se rassurent : elle est passagère en effet. Mais la sorcellerie et sa pratique ne le sont pas. Elles n’ont jamais cessé d’être. Elle a guidé les grandes et petites découvertes qui aujourd’hui font vos certitudes. 

6. Depuis quelques années, la sorcellerie est devenue à « la mode » (ex. : kits « de sorcière », collections de vêtements et d’accessoires, décorations, livres de plus en plus  nombreux sur le sujet, …), comment expliques-tu ce phénomène ? Que penses-tu des influenceuses qui surfent sur cette vague (non pas par conviction mais pour l’esthétique, le lifestyle…) ? 

La déco’, les vêtements, les accessoires… c’est sympa et ça ne fait pas de mal.Après, j’ai du mal avec certains sites, certaines boutiques, qui ont décidé de vendre du matériel de rituels n’importe comment. Mais cela dépasse la notion même de sorcellerie. Notre monde est comme ça pour tout.Je pense qu’il y a une recherche d’une certaine esthétique, également, dans la sorcellerie, ce qui pousse certaine personnes à beaucoup consommer pour très peu pratiquer. C’est dommage. Mais ça leur passera. Je n’ai aucune envie de taper sur des influenceurs et sur leur manière de s’approprier les modes et les tendances. Je pense aussi que « l’influence » s’applique sur des vêtements, de la déco’, du consommable. J’ose espérer que la spiritualité de chacun peut être inspirée, guidée par moments, mais jamais influencer de but en blanc. C’est clairement idéaliste, certes. Je suis la première à mettre en garde contre l’achat de certains objets(Top 1, Ouija), contre la pratique de certains rituels, la préparation de certaines plantes, sans expérience. Ceux qui passent outre n’ont pas peur, ne croient pas, veulent juste s’amuser. Généralement, cela ne donne jamais rien de bon, mais jamais rien de très mauvais non plus. Ca ne donne juste rien.

Non !

Je connais des sorcières qui, sans détour, reconnaissent Satan. Je connais des sorcières qui incluent des divinités précises à leurs pratiques via des incantations, prières, célébrations, offrandes… et je me suis beaucoup renseignée / formée à ce sujet. Il s’avère que je n’inclue pas de divinités au sens propre dans mes pratique. Il n’y a qu’à la nature que je tiens parole. Je la vois comme une conscience collective, omniprésente, dont chaque chose fait partie. Je peux par contre inclure des énergies passées, esprits, ancêtres. Cela m’est propre et je ne saurais conseiller qui que ce soit à ce sujet.

Je ne suis pas réfractaire à l’existence d’entités très anciennes, liées à des notions précises. Je vois tout ceci comme des flux d’énergie. Cependant, je respecte beaucoup les rites anciens et croyances qui en découlent, accompagnées de leurs dieux. J’ai d’ailleurs étudié la théologie pendant mes études d’Histoire, beaucoup lu sur les rites Vikings, Voodoo, la démonologie m’intéresse beaucoup même si elle est liée de fait aux “principales” religions. Ceux que le sujet intéresse, qui ont envie de l’aborder avec un oeil foloklorique, historique mais aussi cartésien (oui oui) se régaleront de la chaîne Occulture !

Je porte par contre certaines représentations comme des talismans, souvent liées à la Lune : Selene, Hecate.

Par la force des choses, oui. Mais par par essence. Je regrette que cela oppose encore aujourd’hui, si catégoriquement, dans les discours, les femmes aux hommes.Tant que l’intuition sera l’apanage des femmes et quelque part associé à la sensibilité, la fragilité… peu d’hommes se laisseront guider par elle ouvertement. On en a pourtant cruellement besoin aujourd’hui.
Pour revenir au lien entre féminisme et sorcellerie, même s’il titille certaines personnes, il reste historiquement évident. Cependant, il date du Moyen-Âge et de la période de la chasse au sorcières et plus tard les procès bien connus (alors même que ces procès n’ont en fait condamné que peu de véritables sorcières mais surtout des femmes et familles qui dérangeaient : je vous invite à consulter la vidéo de la chaîne Occulture sur les procès de Salem, pour comprendre l’idée). Avant cela, la sorcière était acceptée, utile, sollicitée, parfois même puissante et crainte. Elle avait sa place dans la société, en marge certes et souvent par choix, mais sa place tout de même. Dans l’antiquité, les sorcières avaient même une très haute place. Je ne dis pas que je regrette l’époque. Nul ne devrait être vénéré. Chacun devrait cependant être accepté et valorisé pour ses aptitudes, quelles qu’elles soient. 
Sur le sujet du féminisme lié à la magie, je conseille deux lectures qui me semblent éclairantes : Sorcière, la puissance invaincue des femmes, par Mona Chollet et Rêver l’Obscur de Starhawk. Le premier relate les fais historiques et fais de société plus récent qui définissent, dépeignent et ont à leur manière façonné la notion de sorcellerie. Le deuxième va plus loin avec la notion d’éco-féminisme, très lié à la sorcellerie (notion avec laquelle je suis à la fois très à l’aise et pas du tout à l’aise). 

Je n’ai pas vraiment de message à porter. Je ne crois pas que ce soit le but de tout cela. Je vis les choses, je les ressens, et je les applique à moi. J’en parle ouvertement et avec bienveillance avec ceux qui le souhaitent, novices ou non.Je ne cherche à convaincre personne. Ma pratique m’est d’ailleurs propres et j’encourage toujours ceux qui souhaitent se lancer à chercher leur propre idée de la sorcellerie, leurs propres sensibilités et pratiques. Je pense que le souci majeur, c’est que la sorcellerie est considérée comme une religion alors qu’elle n’en est pas une. La Wicca est une religion, le satanisme aussi (pour ne citer que les plus évidents et connus). Toute sorcière n’est pas Wicca ou Sataniste. Nous rendons des comptes à la nature et y puisons une énergie. Nous percevons le monde qui nous entoure autrement. Nous développons des aptitudes inexpliquées. 
Au fil de mes échanges, je constate de beaucoup de scientifiques sont d’ailleurs aussi sorciers. De plus en plus d’hôpitaux font appel à des magnétiseurs ou coupeurs de feu lorsque tout a déjà été essayé. Au pied du mur, même sceptiques, ne tenteriez-vous pas ? On ne vous demande pas de croire. On ne vous demande pas de suivre. Parallèle, mais pas de comparaison : Je ne crois pas en Dieu. J’ai du mal à concevoir le fait que des fidèles fassent des dons à l’Eglise et suivent des règles qui se sont avérées destructrices. Pourtant, je mesure les bienfaits de la foi et de ce qu’elle génère. Je mesure cette énergie là. Malheureusement, bon nombre de sorcières ont aussi mesuré la violence qu’elle peut déployer. Pour autant, je ne demande pas aux personnes religieuses de se justifier, je ne leur demande pas de m’aider à les comprendre. Il me semble du coup inapproprié qu’à mon tour je le fasse ici. 

Cela peut m’arriver oui. Il arrive, pour moi ou pour des proches, que j’entre en communication avec ce qui est présent et que je ne connais pas. Si pour une raison très précise j’ai besoin d’échanger avec alors je le fais. Mais ce n’est pas commun. Je ne recommande pas de tenter cette communication là sans quelques connaissances, sans aptitude et sans une grande confiance en soi. Les mauvaises énergie se nourrissent de vos doutes et de vos peurs. Sur cette partie précise de la sorcellerie, il est parfois utile de demander des retours d’expériences et conseils à des personnes plus expérimentées. Cependant, là aussi, le risque est grand : on se fait vite embarquer par des charlatans en quête d’argent.

Je peux aussi chercher à lier mon énergie à celles de mes ancêtres, d’anciens dans le cadre de rituels précis, d’introspection, ou quand je fouille dans mes liens passés. Il existe beaucoup de manière de le faire et beaucoup d’accessoires pour servir de support à ces passages. Sachez juste vous protéger. Les rituels de protection vous permettront de vous prémunir contre tout ce qui passera dans la brèche mais que vous n’avez pas sollicité. Si tant est, bien entendu, que vous y croyiez…

On trouve de tout et de rien concernant les rituels de protection. Quand on épluche quelques sites on a l’impression de devoir dépenser des centaines d’euros en ingrédients et réciter des incantations par coeur. Ce n’est pas ma vision des choses. Un peu de sel (de table, ça ira) ou des coquilles d’oeuf broyé, ou un mélange des deux, de la sauge à faire brûler (blanche, bleue… ou verte, elle a le mérite d’être locale généralement et d’être moins chère). Concernant les tracés, le cercle que l’on referme autour de soi : j’ai tendance qu’il est bien plus puissant si on le visualise clairement, en prenant le temps de s’ancrer et de le penser, de le ressentir. Attention, à chaque fois que vous vous déplacez, vous l’ouvrez, un retour au rituel signifiera de recommencer la visualisation sérieusement. Sinon, cela ne sert pas à grand chose. Je suis toujours réticente à partager précisément ma démarche, de peur que certains ne la comprennent pas, la mettent en pratique et se pensent alors protégés de tout.

Des questions ? Envie de compléter la liste ou de partager quelque chose avec moi ? Je vous écoute !

4 commentaires sur “La sorcellerie, la mode et les réseaux sociaux

  1. Quel article intéressant ! Merci de nous partager tout ça J’ai bien fait de m’abonner aux nouveaux articles, je les ratais toujours avant et les lisais des mois après la publication. C’est mon petit contentement du jour

  2. Merci Gabrielle de prendre le temps de nous concocter des articles aussi intéressants et développés ! Mais surtout, qui montre une prise de recul sur tout, une réflexion et de la bienveillance. C’est tellement agréable ^^

    J’ai tiqué quand tu as mentionné la Ouija en objet spirituel numéro 1 ! Je ne comprends pas les gens qui se jettent dessus sans rien y connaître. A part les petits idiots (c’est pas une insulte, j’imagine juste une bande d’adolescents de 16 ans qui veut se faire peur ! et je trouve ça idiot mais soit haha) qui veulent s’en servir pour se faire une blague ou déconner, je ne comprends pas que ce soit un des premiers objets que les gens cherchent à acquérir quand ils s’intéressent à la sorcellerie.

    Personnellement, la planche Ouija me fait peur haha. Et j’en reste très TRES loin par crainte, notamment parce que je ne sais pas m’en servir et je sais que mal utilisée, elle peut avoir un impact très négatif. Ensuite parce que je n’ai aucune envie d’ouvrir ces portes-là.
    Je suis sorcière, mais à ma façon et dans la limite de mes croyances et de ce que je peux “digérer” on va dire. Et la Ouija va au-delà de ces limites ^^

    Sinon, je pense que je vais venir discuter un peu sur Insta avec toi de la sorcellerie et du féminisme et pourquoi les sorcières ont tendance à exclure les hommes. Je trouve que c’est un sujet passionnant !

    Prends bien soin de toi et continue de nous instruire et nous émerveiller :*

  3. Superbe article, je suis captivée ! Je vais sûrement faire une réponse trop longue…Mais je me lance !
    J’aime beaucoup le style de ton écriture comme toujours et la construction de l’article (aussi graphique) est très agréable pour la lecture. Je suis loin d’être calée sur le sujet, mais ça m’intrigue et ça m’a toujours intriguée.
    J’ai toujours été une éponge émotionnelle, j’écoute et j’analyse ce qui t’offre à moi, parfois pour réaliser un retour de réflexions, parfois pour adapter mes comportements aux ressentis/énergies ambiantes. D’ailleurs, dans mon cercle on me reproche parfois des moments en solitaire, mais ces moments loin des gens me permettent bien souvent de me recentrer sur mes ressentis et non ceux des autres et d’y voir plus clair dans la marche à suivre. Tout comme je ne suis pas une grande adepte de la voyance, j’aime cette part de mystère que me réserve le destin, et puis le “karma” nous laisse déjà bien assez d’indices et de pistes à suivre, à nous de les saisir de les interprêter ! Je sais d’ailleurs que lorsque je refuse de voir quelque chose, que je persiste à lutter contre quelque chose, mon esprit me le renvois en rêve (de manière assez virulente), je ne peux pas y échapper et je suis souvent obligée d’y faire face.
    Concernant les divinités et la lune, j’aime beaucoup ta vision des choses, c’est très intéressant ! Je suis loin des incantations et des croyances, vraiment loin ah ah, mais j’aime me cultiver sur ce “folklore” qui est notre passé et en partie notre présent. Ton rapport à la nature a le don de m’épater. Je n’ai pas la main verte, mais j’ai remarqué grâce à tes articles que mon approche était différente.
    Tout d’abord, l’eau. J’ai remarqué, qu’il est important pour moi d’avoir un contact avec l’eau, c’est libérateur tout comme la dépense physique. L’effort me permet de mettre à profit toute cette énergie stagnante (comme tu le disais dans ton live, être active participe aussi à développer les énergies et les canaliser, je fonctionne ainsi) dont je ne sais pas quoi faire pour évacuer, puis l’eau vient comme laver tout cela, elle détend mes muscles, mais mon esprit se met sur pause. J’ai également constaté avec ton article, lorsque je suis loin de Paris, j’aime à prendre quelques minutes le soir pour observer le ciel/la lune et lui adresser une prière de remerciement et l’inviter à me donner des indices.
    Tout comme je ne peux dormir avec une chambre dans un noir “artificiel”. Les rayons de la lune ne me dérangent pas, bien au contraire, tout comme me réveiller avec la lumière du soleil à quelque chose d’apaisant, de motivant pour le matin je trouve. Des rituels en un sens… Et quand tu dis que certains recherchent l’apaisement dans la foi, j’avoue que je le recherche dans un contact à la nature. J’ai ce besoin régulier de me retrouver dans des lieux moins envahis par la ville : la montagne, la forêt, une maison de campagne ou encore la mer. La mer m’apaise, ses rochers, le son des vagues, l’odeur iodée, son horizon, elle a toujours fait partie de moi et je me dois parfois de retourner en bord de mer, de m’assoir et de juste ne penser à rien et apprécier ce qu’on m’offre. Et si ce contact avec la nature me parle, il y aussi celui avec les animaux. Je n’en ai pas (j’attends d’être stable dans mon emploi), mais ils ont toujours fait partie de ma vie. J’ai cette capacité qui parfois me surprend, à sonder un animal, j’arrive à saisir derechef ce qui ne va pas, son état d’esprit, et à adapter mon comportement en conséquence pour que le respect mutuel s’instaure et se créée. Les chats sont très aléatoires et complexes à suivre à mes yeux ; en revanche avec les chiens je match directement. J’ai d’ailleurs bon nombre d’amis à qui j’essaie d’ouvrir l’esprit n’aimant pas les entendre dire que l’espère canine est sotte et dépendante de l’homme. En rapport à cela, un livre, L’appel de la forêt, de Jack London, m’a sincèrement émue. Il parle d’un chien qui laisse son côté éduqué pour revenir aux instincts originels. Je te le recommande !
    Et enfin (promis après j’arrête), tu parles des Coven. Comme dans tous il est important de trouver “une communauté”, je le conçois.. Mais je suis partisane également d’autre chose, je n’aime pas ce sentiment que parce qu’on appartient à un Coven, une idée politique, une idéologie religieuse, (etc.) on soit définis par les critères de celles-ci. Bien souvent je trouve affligeant de voir que l’on peut nous catégoriser en oubliant nos gouts, nos couleurs, nos façons d’être. Au contraire, nous sommes ce que nous sommes et tout cela n’intervient que dans un temps secondaire. Je m’efforce au quotidien de bousculer la dessus ma vision des choses et celle de mes proches même si cela reste délicat. On est dans une époque où “il faut rentrer dans des cases” je ne le conçois pas du tout !

  4. Cela fait quelques mois maintenant que je te suis sur Instagram.
    Je suis littéralement tomber amoureuse de ton contenus, de tes photos, de ta manière de parler de la magie et d’autres sujets.
    Depuis ma plus tendre enfance, je suis attirée par la magie, sans doute parce que mon prénom Elidie vient d’une femme accusée de sorcellerie et qu a fini en martyre.
    Ton article est franchement passionnant, je me suis toujours sentie différente des autres à cause mon hypersensibilité.
    J’ai eu il y a peu une sorte de ” révélation” pendant que je décrivais un rituel dans mon premier tome d’une trilogie d’Urban Fantasy.
    J’ai comme ressenti un appel qui me disait ” tu es une sorcière, arrête de nier ce qui fait partie de toi”.
    C’est très étrange car je me sens liée à Hécate depuis toujours et je ressens sa présence à mes côtés davantage chaque jours.
    Ma fascination pour la lune et ses phases semblent amplifiés, je dévore tout ce que je peux lire sur la magie comme ” Witch Please” ou ” Secret de sorcières” qui sont des ouvrages passionnants. Et j’ai pour la première fois acheté un jeu de Tarots, je me suis tirer les cartes à la fin du mois dernier ce qui a été une expérience très enrichissante.

    Merci pour tout ces partages !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *